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Blocages émotionnels : quand comprendre ne suffit pas

  • Photo du rédacteur: Laura Lefebvre
    Laura Lefebvre
  • il y a 11 minutes
  • 7 min de lecture

Es-tu de celles ou ceux qui pensent que tes émotions sont un problème à gérer, une faiblesse à maîtriser, un débordement qu'il faudrait apprendre à contrôler une bonne fois pour toutes ?


Te sens-tu régulièrement submergé(e) par une tristesse, une colère ou une peur disproportionnées par rapport à ce qui vient de se passer, sans comprendre d'où vient cette intensité ? Ou à l'inverse, as-tu l'impression de ne plus rien ressentir du tout, comme si quelque chose en toi s'était mis en veille depuis longtemps ?


Si tu te reconnais dans l'une de ces situations, je te propose de descendre avec moi au cœur de ton corps émotionnel. Pas pour ajouter une couche de discours à la mode sur "l'écoute de soi", mais pour comprendre ce qui se joue réellement là, en toi, et surtout ce que tu peux en faire.


C'est parti !



Le corps émotionnel : où se logent tes blocages émotionnels


On a pris l'habitude de loger les émotions dans le mental. Comme si ressentir était une affaire de pensée, quelque chose qu'on pourrait résoudre en réfléchissant suffisamment fort, ou en se répétant qu'il faut "positiver".


Mais une émotion, avant d'être comprise, c'est un mouvement. E-motion : l'énergie en mouvement. Elle naît dans le corps, elle le traverse, et quand elle ne peut pas circuler jusqu'au bout, elle s'y installe.


En trente ans de pratique, dont quinze consacrés spécifiquement au dégagement énergétique, j'ai vu cette réalité se confirmer chez des centaines de personnes aux histoires pourtant très différentes : une émotion qui n'a pas pu être vécue jusqu'au bout au moment où elle est apparue ne disparaît pas avec le temps. Elle se dépose. Elle s'organise en mémoire, dans une zone précise du corps, et continue d'agir en silence, parfois pendant des décennies. La personne, elle, a souvent oublié l'événement d'origine. Le corps, lui, n'a rien oublié.



Comment un blocage émotionnel se forme dans le corps


Pour comprendre pourquoi une émotion peut rester logée aussi longtemps, il faut regarder ce qui se passe au niveau énergétique, et pas seulement au niveau psychologique.


L'émotion n'est pas qu'une donnée mentale : c'est une énergie qui circule à travers un corps plus subtil que le corps physique, que certaines traditions appellent le corps émotionnel ou corps astral. Cette énergie entre et sort par des centres précis, en particulier le plexus solaire et le centre du cœur, qui fonctionnent comme des portes de passage pour tout ce qui se ressent.


Quand une émotion est vécue jusqu'au bout, elle traverse ces portes normalement : elle entre, elle circule, elle ressort. Quand elle est bloquée, réprimée, mise de côté parce qu'elle est trop intense pour être vécue sur le moment, elle ne ressort pas. Elle stagne au niveau de ces centres énergétiques, crée une forme de congestion, et c'est cette congestion qui, avec le temps, redescend s'ancrer dans le corps physique sous forme de tension ou de blocage.


C'est précisément ce niveau de congestion énergétique que mon travail vient rejoindre et dénouer, en amont du corps physique.


Sur le plan neurologique, on sait que l'amygdale joue un rôle central dans le traitement de la peur et le stockage de la mémoire émotionnelle : c'est une donnée bien établie en neurosciences, que je suis avec intérêt. Mon travail n'agit pas sur cette structure cérébrale au sens médical du terme — je n'ai aucune prétention à ce niveau-là. Il se situe sur un autre plan, celui de l'énergie que je viens de décrire, et c'est ce dénouement énergétique qui, ensuite, peut se traduire par un apaisement ressenti.



Hypersensibilité ou fermeture : les deux visages du blocage émotionnel


Face à une émotion trop intense pour être vécue en sécurité, le corps trouve toujours une stratégie. J'en observe deux, opposées en apparence, mais nées de la même racine.


Il y a l'hypersensibilité : tout traverse, tout submerge, chaque émotion du présent vient se mélanger à une charge plus ancienne, et la personne ne parvient plus à faire le tri entre ce qui lui appartient aujourd'hui et ce qui remonte d'ailleurs, entre ce qui lui appartient en propre et les émotions des autres captées de son environnement. Vivre devient un état d'alerte permanent.


Et il y a la fermeture : la personne ne ressent presque plus rien. Elle s'est coupée de son corps émotionnel pour se protéger, il y a longtemps, et elle a fini par prendre cette anesthésie pour de la force, ou pour de la sérénité. Ce n'en est pas. C'est une porte qu'on a fermée à double tour, et qu'on a fini par oublier d'avoir fermée.


Je le sais aussi parce que je l'ai moi-même observé chez moi, à certaines périodes de ma vie : on ne choisit pas consciemment de s'anesthésier ou de se laisser déborder. Ce sont des mécanismes de survie qui se sont mis en place à un moment où on n'avait pas d'autre option.



Pourquoi les enfants n'ont pas (encore) de blocages émotionnels


Regarde un enfant vivre une émotion. Il pleure à chaudes larmes parce qu'il est tombé, puis deux minutes plus tard il rit aux éclats comme si rien ne s'était passé. Il se laisse traverser, entièrement, sans retenue, et l'émotion passe.


Ce n'est pas de l'inconscience. C'est le fonctionnement naturel du corps émotionnel avant qu'on lui apprenne à se méfier de lui-même.


Ce sont l'éducation reçue de nos parents et le modèle sociétal dans lequel on grandit, l'école en tête, qui nous enseignent progressivement à contenir ce que l'on ressent, à le mettre sous le tapis. "Ne pleure pas." "Calme-toi." "Ce n'est pas grave." Des phrases dites avec amour, la plupart du temps, par des adultes qui reproduisaient eux-mêmes ce qu'on leur avait enseigné. Et qui nous apprennent, sans le vouloir, qu'une émotion vécue pleinement dérange, déborde, et qu'il vaut mieux l'empêcher.


Or c'est précisément ça, le nœud du problème : ce n'est pas l'émotion elle-même qui pose difficulté. C'est le fait de ne pas se laisser traverser par elle. Une émotion qu'on vit jusqu'au bout, aussi intense soit-elle, finit toujours par passer, exactement comme chez l'enfant. C'est l'émotion qu'on bloque, qu'on retient, qu'on empêche de circuler, qui se transforme en charge et vient se loger durablement dans le corps.



Pourquoi comprendre un blocage émotionnel ne suffit pas à le lâcher


C'est là que la plupart des démarches bien intentionnées s'essoufflent. On peut décider, avec toute la bonne volonté du monde, d'accueillir ses émotions, de ne plus les fuir, de les regarder en face. Et pourtant, rien ne bouge vraiment, ou si peu.


Pourquoi ? Parce qu'une mémoire émotionnelle ancienne ne se dénoue pas au niveau où on l'a comprise intellectuellement. Elle se résout au niveau où elle s'est fixée : dans la matière du corps, dans son organisation énergétique. Je vois très régulièrement des personnes qui ont déjà fait un travail de compréhension important, parfois en thérapie, parfois seules. Elles savent pourquoi elles réagissent ainsi. Elles ont mis des mots justes sur leur histoire. Et malgré cela, la charge émotionnelle reste active, parce qu'elle n'a jamais été rejointe là où elle s'est réellement logée.


J'appelle ça, dans ma pratique, le nœud : ce point précis où une émotion trop intense pour être vécue à l'époque a été mise de côté plutôt que traversée, et où elle continue, des années plus tard, d'orienter en silence les réactions, les peurs, les scénarios qui se répètent. Tant que ce nœud n'est pas rejoint directement, comprendre son histoire ne suffit pas à s'en libérer.


Et plus on bloque cette remontée, plus la souffrance qu'elle porte s'intensifie. C'est là que le mental prend le pilotage de la situation, et qu'un cercle vicieux s'installe : l'émotion cherche à remonter, le mental l'intercepte et l'analyse pour éviter d'avoir à la ressentir, ce qui ne fait qu'augmenter la pression, ce qui renforce à son tour la peur de la ressentir. On finit par analyser l'émotion au lieu de la vivre. On en parle, on la comprend, on la dissèque intellectuellement, mais on ne se laisse jamais réellement traverser par elle, ce qui est pourtant la seule chose qui lui permettrait de se dénouer.


Et je vais être directe avec toi : c'est aussi pour ça que beaucoup de techniques de développement personnel centrées uniquement sur le mental (se répéter des affirmations positives, "changer sa façon de penser") ont un effet limité sur ce type de blessure. Elles travaillent sur l'étage du dessus, pendant que la charge continue d'exister à l'étage du dessous.



Mon rôle face à un blocage émotionnel : agir sur le plan énergétique


Je n'agis pas sur ton corps physique comme le ferait un ostéopathe ou un micro-kinésithérapeute, par un geste manuel. J'interviens sur le plan énergétique, là où la mémoire émotionnelle s'est fixée, pour permettre à ce qui est resté figé de se remettre en mouvement. Ce dénouement énergétique redescend ensuite naturellement vers le corps physique, et c'est souvent à ce moment-là que la personne ressent un relâchement concret, localisé, parfois dans une zone qu'elle n'aurait jamais reliée à cette histoire.


Cela suffit dans de nombreux cas. Parfois, une tension installée depuis trop longtemps a aussi besoin d'un accompagnement complémentaire sur le plan mécanique, pour que le corps physique achève lui aussi son propre dénouement. Les deux approches ne s'opposent pas, elles se complètent.



Un exercice simple pour repérer un blocage émotionnel


Voici un exercice que je propose souvent, à essayer la prochaine fois qu'une émotion te semble démesurée par rapport à ce qui vient de se passer.


Arrête-toi et localise. Avant de chercher à comprendre pourquoi tu ressens ça, pose-toi une seule question : où, dans mon corps, est-ce que ça se passe ? La gorge qui se serre, le ventre qui se noue, la poitrine qui pèse. Cette question ramène l'attention du mental vers le corps, là où l'émotion se joue réellement.


Accueille sans analyser tout de suite. Reste quelques instants avec cette sensation, sans chercher immédiatement une explication. La respiration ralentit, l'expiration se fait plus longue que l'inspiration. Tu ne cherches pas à faire disparaître ce que tu ressens, tu lui donnes simplement le droit d'exister.


Pose-toi la question de la disproportion. Cette intensité, est-ce qu'elle appartient vraiment à ce qui vient de se passer, ou est-ce qu'elle te semble plus grande que la situation ne le justifierait ? Si oui, tu viens probablement de toucher du doigt une charge plus ancienne, un nœud qui s'est réveillé.


Cet exercice ne résout pas un nœud profondément installé, il n'a pas cette prétention. Mais il t'apprend à repérer où se joue vraiment ce que tu ressens, et c'est déjà un premier pas essentiel.



Pour conclure


Ton corps émotionnel n'est pas un problème à régler. C'est une part de toi qui porte une mémoire, avec sa logique propre, et qui a bien plus à t'apprendre que tu ne le penses quand tu acceptes de l'écouter autrement qu'avec la tête seule.


C'est ce que trente années de pratique, et plus particulièrement quinze années dédiées au dégagement énergétique, m'ont permis de vérifier chez un nombre incalculable de personnes : certaines charges émotionnelles se dénouent avec un peu de pratique et de patience. D'autres, plus anciennes ou plus profondément ancrées, ont besoin d'être rejointes précisément à l'endroit où elles se sont figées pour se libérer durablement.


Avec cœur,

Laura

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